Il est pourtant assez évident que le dernier clip de
Lady GaGa illustrant le single "Alejandro" n’a pas
d’autre but que de susciter la controverse et générer une
attention maximum sur des gesticulations sans fond ni message. Si
les ficelles semblent assez évidentes, ca n’a pas empêché
certains de tomber dans le piège et hurler au blasphème. De ce
point de vue, avec son dernier clip, Lady GaGa signe un nouveau
coup de maître. Pour le reste, il faut reconnaître que la star nous
a livré un gloubiboulga assez indigeste de clichés
érotico-satanico-porno-cuir. Les fans de Mylène Farmer et Madonna
n’ont sans doute pas été très impressionnés par
l’exploitation purement commerciale de tous ces symboles, ces
thématiques ayant été maintes et maintes fois traitées avec
davantage de subtilité. Des croix (parfois inversées pour exciter
les antis satanistes et autres conspirationistes qui pullulent sur
Youtube), des nonnes en latex, de la violence, du sang, du
cul… avec ce cocktail détonnant, le réalisateur Steven Klein
nous livre une Lady GaGa réinventée dans un univers fasciste et
glacé. Après quelques vidéos acidulée-bubble gum, la queen des
dance-floors se veut porno chic et cuir sado-maso. Outre le fait
que le clip "Alejandro" soit sinistre, morbide et bourré de
violence gratuite, il est surtout interminable ! Pourquoi
produire 9 minutes inutiles et très répétitives alors que Madonna
parvient à "faire le job" de manière bien plus efficace en 5,39'
avec son "Like a Prayer" ? L'esthétique pseudo-religieuse
kitsch ne suscite même plus la surprise ou le scandale mais plutôt
l’indigestion tant il a été exploité et instrumentalisé par
d’autres pop stars en quête d’attention. Quant aux
séquences militaro-nazis, soldats qui dansent puis s'agressent
sexuellement, avouez qu’on est plus proche d’un
making-of raté du calendrier des "Dieux du Stade" ! Oui, raté,
parce que les coupes au bol façon Mireille Mathieu, ca vous flingue
tout érotisme ! A part quelques références aux Damnés de
Visconti ou aux nonnes ténébreuses d'Almodovar, c'est faible et
sans génie. On a le sentiment que la chanteuse se livre à de la
provoc’ facile et sans notion de fond. On ne peut pas jouer
impunément avec des références à la seconde guerre mondiale et
célébrer l'esthétique fasciste sans un vrai discours politique pour
soutenir des images aussi provocantes. Et au fait, cet Alejandro ?
C’est qui ? Ne comptez pas sur le scénario incohérent
qui ne raconte rien mais aligne des gros plans de GaGa et des
chorés destinées à émoustiller dans les bars du Marais. Après
avoir visionné un clip aussi grossier et putassier, je me dis
qu’une prostituée de la rue St Denis racole
avec plus de classe et de raffinement que Lady
GaGa.
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